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Être acadien(ne) c’est dans l’sang!

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On dit souvent qu’être Acadien(ne) c’est quelque chose qu’on a dans l’sang ou dans l’cœur.

Voyez-vous c’est qu’être Acadien(ne) ça ne vient pas avec un pays ou avec un gouvernement. Toutefois, comme peuple Acadien nous avons une riche culture, des coutumes acadiennes, des chansons qui racontent notre passé, un « parler » unique et coloré avec de beaux accents qui changent selon les régions ainsi qu’une immense fierté pour notre histoire et ce que nous avons vécu … et survécu.

Mon nom c’est Sonja Williams, née Bourgeois, une acadienne de Chéticamp, un joli petit village acadien au Cap-Breton en Nouvelle-Écosse. Pour moi, être acadienne c’est effectivement dans l’sang et dans l’cœur! C’est d’être née à Chéticamp d’une mère née Desveaux, d’être une descendante des Boudreau et des Broussard, c’est d’être connue comme une mangeuse de mélasse et d’être fière de dire que j’suis la petite cousine à Ronald Bourgeois, auteur-compositeur-interprète de Chéticamp.

Dans les mois qui ont précédés mon mariage en 2012, des gens s’inquiétaient de mon héritage acadien si je prenais le nom de famille anglais de mon mari. Je leur répondais simplement qu’être acadienne, ça fait partie de qui je suis pour toujours et même si mon nom de famille est Williams, ça ne change rien!

À chaque année, autour de la Fête nationale de l’Acadie le 15 août, on voit bien sûr des couleurs et des célébrations acadiennes un peu partout mais pour plusieurs, être Acadien ou Acadienne, ça se vit à tous les jours, et c’est aussi… :

  • de ne pas être gêné de parler avec son accent acadien même si les gens se moquent parfois ou ne comprennent pas toujours du premier coup;
  • de se rendre au Lieu historique national de Grand-Pré en Nouvelle-Écosse pour voir ton nom de famille sur le mur et pleurer en regardant la vidéo sur l’histoire de tes ancêtres;
  • de célébrer la Fête nationale de l’Acadie le 15 août et partager l’expérience avec des milliers d’amis Acadiens;
  • de courir la traditionnelle mi-carême à Chéticamp en mars;
  • de chanter à tue-tête « Je suis avec toi aux Jeux de l’Acadie » avec la mascotte Acajoux (au moins une fois dans ta vie);
  • de se déplacer à Charlottetown pour assister à la pièce musicale Évangeline au Centre des arts de la Confédération même si tu connais l’histoire par cœur;
  • d’avoir les frissons en écoutant la chanson « Mon chez-nous c’est l’Acadie » (écrite par Paul D. Gallant).

Bref, c’est d’être fier-e de qui tu es….

Mon ailleurs-ici 

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Mon parcours de vie, malgré ses particularités, est commun à bien des gens. Sans doute ce récit provoquera-t-il sourires ou soupirs songeurs. Vous rencontrerai-je dans certaines intersections de l’ailleurs-ici?

Parents au purisme linguistique impératif, père au discours crépusculaire, convaincu de la disparition des Québécois à plus ou moins long terme, me voilà dès la jeunesse aimantée par l’idée d’un effacement à venir et par l’amour des mots. Déjà aussi une certaine marge, un décalage … sans doute un accent non marqué ou peut-être un visage singulier m’attiraient les regards songeurs. Tant de fois m’a-t-on demandé si j’étais française, italienne, espagnole, hongroise, libanaise, voire iranienne. Tournée vers l’Europe, je découvrais aussi une filiation, d’autres cultures; je m’éloignaiscroyais-je—de la mienne, alors que j’y baignais. Déjà en décalage, un pied dans l’ici, un pied dans l’ailleurs.

Le pied dans l’ailleurs, c’est aussi la science-fiction devenue à l’adolescence une compagne au long cours, une amie qui repose sur l’altérité comme moteur fictionnel, porte un regard songeur et distancié sur notre espace-temps, prodigue des visions crépusculaires ou libératrices, réfléchit entre autres sur le colonialisme, la langue, la femme … une amie enfin que l’institution littéraire a longtemps rangée dans le non dominant, le mineur.

Plus tard le travail m’a conduite dans l’ailleurs des ciels immenses du Manitoba, puis au pied de l’océan, ici en Nouvelle-Écosse. L’ailleurs se renversait en ici, l’encore-chez-moi-déjà-plus-chez-moi se teintait de couleurs différentes sous mon regard désormais distancié. Mais l’ailleurs-devenu-chez-moi se dérobait – se dérobe toujours. Tant de fois ai-je entendu le just-arrived?-how-do-you-like-it-here?, tant de fois m’a-t-on demandé if I was French, Spanish, voire Scottish. Je serais toujours la minoritaire audible, une (sorte d’) immigrante, l’ailleurs de l’autremais de quel autre s’agit-il en fait?malgré mon ici. Souvent ai-je senti la différence de culture. Pourquoi ne chantes-tu pas les chansons d’enfants avec nous ? Quoi, tu ne les connais pas? Comment ça, tu ne sais pas qui est Dr Seuss ? Ah, c’est drôle, l’expression que tu utilises. L’ailleurs s’aimante à l’ici lorsque l’intervalle est lieu d’existence, n’est-ce pas?

Tôt ai-je saisi que le crépusculaire, le purisme, le décalage qui m’habitaient se doteraient maintenant d’autres nuances. Le Manitoba m’a ouverte à la réalité de la francophonie hors Québec, au français comme langue de combat, tout comme à la lassitude d’avoir toujours à demander, défendre…. Le Manitoba et l’Acadie m’ont fait comprendre d’autres jeux (socio)linguistiques, d’autres contextes sociaux. Tant de fois ai-je senti le sempiternel maudit-Québécois-se-jugeant-supérieur, ai-je ressenti le sentiment crépusculaire, l’urgence du purismeet son contraire: la manipulation ludique, l’abandon à la langue dominante, la connivence.

L’intervalle se complexifiait avec un conjoint anglophone, les enfants, l’école.… Le crépusculaire me taquinait, le purisme faisait des velléités, la lassitude ricanait, tous trois contrés par les moments d’insouciance ou d’humour. Le quotidien rythmé par les bris de communicationcar si on parle tous anglais, on ne parle pas tous français mais aussi par le ludique, la double culture. Lire Dr Seuss et Les débrouillards, c’est mieux, n’est-ce pas? Mais j’ai la chance au travail d’utiliser beaucoup le français et de côtoyer d’autres ailleurs-ici, d’autres actualisations d’intervalle, d’autres miroitements du minoritaire.

Le travail et la vie personnelle font de moi une passeuse culturelle, désireuse d’inviter à entrer dans cet intervalle de la rencontre. Je réponds au crépusculaire, au décalage, par l’amour des mots, l’engagement culturel et communautaire, même si la lassitude veille toujours. Je suis québécoise par l’origine, acadienne par le lieu de vie, franco-canadienne, francophone, humaine.

Sans doute vous serez-vous reconnu un peu dans ce parcours, sans doute vous ai-je rencontrés dans certaines intersections?

Un effet d’entraînement 

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Je n’ai pas cherché la francophonie par exprès. Je suis née à Terre-Neuve, dans une famille complètement anglophone, et mes parents ont choisi de m’inscrire en immersion française tardive parce que j’avais de bonnes notes en école élémentaire. Bref, je suis tombée dans la francophonie sans comprendre la conséquence et l’influence que cette langue aurait sur ma vie une quinzaine d’années plus tard.

Pendant ma jeunesse, je n’ai jamais trop réfléchi à mon opinion sur le français. J’étais un bon élève, je suivais mes cours en français sans plainte. Ce ne fut pas avant ma dernière année de secondaire, où venait le temps de choisir un programme d’études universitaire que je me trouvais à dire « Bon.… J’aime bien mes cours de Français, peut-être que je pourrais l’étudier ». L’idée m’a frappée tellement soudainement, je ne me comprenais même pas. Quand mes proches m’ont poussé vers un autre poursuit, et je demeurais la seule à défendre l’idée de suivre le français, j’étais une adolescente naïve qui écoutait ses aînés plus sages et expérimentés. Ça va sans dire qu’après un court trimestre comme étudiante de biologie, parmi les échecs les plus colossaux de ma vie, je me suis inscrite dans le programme de Langues modernes et classiques à l’Université Saint Mary’s, où je me suis enfin plongée directement dans ma langue de cœur.

Ma chute était rapide. J’ai pris avantage de quasiment toutes les opportunités que l’université me présentait, un trimestre en France, des sessions à discuter en français avec mes profs et d’autres étudiants, pour combler le tout avec un diplôme de maîtrise en Littératures françaises. C’est à travers mes études que j’ai appris la phrase « francophone d’apprentissage », une phrase que je crois me décrit à 100%.

J’habite aujourd’hui au Nouveau-Brunswick, la seule province bilingue du Canada. Je suis enseignante d’immersion française. Ayant bouclé la boucle en quelque sort, je me trouve de l’autre côté du pupitre, espérant que j’allume chez un élève la même passion que je ressens pour le français. Mais dans ma province, la relation entre l’anglais et le français demeure très compliquée, remplie de chagrin des deux côtés depuis longtemps. Il me semble que la façon dont je suis tombée dans une vie bilinguefrançais le jour au travail, anglais le soir avec les amis et la familleest devenue une représentation d’une relation linguistique idéale.

Mais parfois, je me sens un peu coupablej’ai le meilleur des deux mondes en parlant les deux langues de ma province. Je sais que le fait que je sois bilingue est l’une des raisons principales pourquoi j’ai pu trouver une poste d’enseignement à temps plein tout de suite après avoir complété mes études, tandis que mes amis qui n’ont pas le niveau de français suffisant doivent faire de la suppléance ou se contenter de chercher un emploi dans une autre domaine. Même plusieurs parents de mes élèves me disent qu’ils ont choisi l’immersion pour leurs enfants parce qu’ils veulent qu’ils aient un avantage dans le marché du travail quand ils seront adultes. Ces parents n’ont pas tout à fait tort, mais ça reste décevant de voir une attitude aussi pragmatiste autour d’une langue et d’une culture tellement riche.

Pour moi, le français m’a ouvert plus de portes que j’aurais cru possible. Ça va sans dire qu’au niveau professionnel, parler plusieurs langues aide ces jours-ci, mais au niveau personnel je trouve que j’ai une vie énormément riche. À travers mes divers intérêts, j’ai pu rencontrer plusieurs amis francophones que je n’aurais jamais rencontré-e-s sans ma langue d’adoption. Je n’ai pas eu peur de voyager dans d’autres provinces et d’autres pays, qui m’a donné la chance de voir et vivre d’autres cultures. Je fais tout ce que je peux pour partager les nourritures, les littératures, les films que je puisse avec ma famille. C’est la moindre façon que je peux leur remercier pour tout ce que mon statut de francophone d’apprentissage me donne.

Mes parents ne l’ont pas compris quand ils ont choisi le français pour moi, et je n’ai pas compris moi-même jusqu’à ce que je sois devenue adulte. La seule déception qui me reste c’est que je ne peux pas partager l’ensemble de mon monde enrichi avec ma famille, qui demeure unilingue jusqu’à présent (malgré quelques tentatives d’apprendre les phrases essentielles). Mais cela aussi fait partie de l’apprentissage qui vient avec le vécu, et je sais que si un jour j’aurai des enfants, je ferai tout mon possible de leur fournir la belle chance que mes parents m’ont donnée, car le français a sans doute changé ma vie.

Bad Blood

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I got a Keeper in my 20s. And I kept it to myself.

The Keeper is a muddy-red-coloured rubber menstrual cup that looks like a metastasised pencil eraser.

It wasn’t pretty. And it sure wasn’t cheap, either. Maybe $30—no small outlay of cash for a retail shift-scrounging early-‘90s undergrad; thirty bucks was more than my entire power bill back then.

But I loved it immediately; adored it. No more four-hour tampons, no more packaging waste, no bleach, no weird “scents,” no chemicals. And after I swallowed the capital cost I appreciated the monthly amortizing value of my little period pal.

But I definitely kept my Keeper to myself.

For the uninitiated, the concept of the menstrual cup is simple. You fold and insert the cup—about the size of a shot glass—into your vagina. You empty the contents after eight to twelve hours, rinse it, and pop it back up there. With a menstrual cup, you can see and smell the fluid. You know the colour and the consistency. It is your body and its processes, magnified.

And therein lies the problem with the Keeper in a public bathroom.

You’re on your period loud and proud when you carry a bloody menstrual cup to a public bathroom sink, flip the taps, and watch the remnants of your mucus-y flow carry down into the drain. The women applying lipstick next over are not always accustomed to this. Back when I got my Keeper, most of my friends even hadn’t heard of them. Today, you can buy them at Lawtons, Walmart and in grocery stores, but menstrual cup-users aren’t the majority. About sixty percent of women report using tampons as their primary method of period-wrangling; most of the rest, pads.

Blood Down the Drain by kerry rawlinson

I don’t shave my underarms; I go topless on any beach where it feels right. But Keeper-rinsing wasn’t the hill I was ready to die on in the name of body acceptance. So, I opted for the discreet, if somewhat ineffective, in-stall toilet-paper wipe.

My friend Nancy? Un-uh.

It was Nancy who introduced me to the Keeper, which, in those days in Halifax, you could only purchase at the newfangled environmental store, on the shelf next to the crystal rock deodorant. Nancy used hers, talked about hers, showed off hers. Nancy loved her Keeper. One time, her fluffy blond hound, Darcy, ate her Keeper when she left it unattended in the bathroom. That dog adored the smell of blood. Nancy, too, it seems. She bought a new one and kept-on Keepin’ on.

Nancy’s take on the public bathroom rinse was simple: it was necessity. Not unfortunate necessity. Not shameful necessity. Wonderful, welcome, please-excuse-me-I-need-to-do-this-thank-you-bye-bye-now necessity. Nancy rinsing her Keeper at a public sink was an act of defiance. She was taking a stand for herself and all women by way of freaking out bystanders who were too prudish to embrace their periods the way she did. She didn’t know who they were; she didn’t care. She waved her Keeper like a placard: I am woman, hear me pour.

But Nancy wasn’t aiming, I don’t think, for a revolution in menstrual admiration. For her, mere recognition was the goal—plain acceptance that navigating periods was the business of the bathroom, public or not. Sort of like: I know you deal this, too. Or you have. Or you will. Because, heck, we pretty much all do, at some point. So? No biggie.

Period-wise, Nancy was way out of the closet.

Me? I was still in there, with the door firmly locked.

In the field of public bathroom research (yes, of course there is such a field—how could humanity not study the culture and mechanics of such an everyday institution?) menstruation is often called “the third elimination.”

And that’s third not by factor of volume or frequency, but of shame.

We are embarrassed of peeing and pooping. (Let’s not even deny this. I am revising this essay on a plane and I began by reducing the font size from my usual 13-point to 11.) Going to the bathroom is a private matter in our society—quite opposite the late Romans who’ve left ample evidence of communal toileting—and our insecurities and neuroses only magnify when we take this private business into public spaces, be they bathrooms in concert halls, schools or hotel lobbies. Some of us refuse to empty our bowels anywhere but home; some of us pad toilet bowls with gobs of paper in order to lessen the sound of our urine hitting the water.

But menstruation? Menstruation is shame beyond.

For millennia, female has meant lesser. And the female body has been an object to control and fear—powerful and unpredictable, a site of unknown ickiness. (Remember, though, not all menstruators are women; many transmen get periods, too. And when was the last time you saw a tampon dispenser in a men’s room?)

Popular media only adds to the mystique and mystery, the invisibility of menstruation. The tone of most commercials for menstrual products is one of sly secrecy: “discretely pocket-sized,” “ultra-thin” and “you barely know its there.” An unnatural blue liquid that looks like melted Mr. Freeze dispatched from a glass pipette has long been the norm for illustrating the absorptive power of menstrual products on television.

This is what we get to represent a commonplace state of human health. One quarter of all women of reproductive age are menstruating at any given time. On average, women spend three thousand days over a lifetime menstruating. Can we have just a wee bit of space to have a real conversation about it?

Maybe.

In October 2017, UK pad company Bodyform took a turn from Mr. Freeze-land. The company, in a series of online ads, not only used red liquid to illustrate menstrual blood, but doubled down on killing period euphemism and double-speak with the slogan “Periods are normal. Showing them should be too.” One ad even shows blood dripping down a woman’s leg in a shower.

It’s a start. But no one’s waving around bloody Keepers in the mall bathroom just yet.

I gave up my original Keeper after about a decade. A Keeper is not a keeper at all if you get your first one before you have kids; women must move a size up after vaginal birth (which is at once horrifying and true and yet somewhat unbelievable since nothing feels different up there). I accidentally lit my second Keeper on fire boiling it dry on the stove. Such is life. My third is a Diva Cup, which is the clear silicone hipper little sister of the Keeper. It should stick with me through the end, barring any unplanned pyrotechnics.

So, I suppose there’s still time for me to take the plunge and start rinsing at the public bathroom sink. Or at least vow to increase the font size next time I’m writing about my period on a plane.

Finding the Courage to Give Back

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I have been a social worker for forty-two years. In this profession, we often work with clients who are living on the margins, who face adversity every day. But I believe most of us face adversities in life and we have someone, or something, that helps us overcome. In 2011, the Family Service of Support presented me with the Ambassador Award. Through the award, I was recognized as a community leader who had overcome adversity and challenges and had then given back by helping others. For this special edition of Understorey Magazine, I wanted to write a story that would inspire, one that would be helpful to someone facing adversity. I decided to share the journey of completing my doctorate degree, a journey that covered very rocky terrain indeed.

In January 1990, I became the first African Nova Scotian hired at Dalhousie University in a tenure track position. I recall someone saying to me at the time, “Wow, they must have lowered the standards to let you teach there.” Such negative comments only served to make me work harder, more diligently and more effectively. However, my contract at Dalhousie stipulated I had to complete course work towards a PhD by year six of the job. The director of my department said, “If you don’t get a PhD, you will be marginalized in the university, so it is not an option.” This meant that I had to apply to a different university to complete a PhD. I was rejected by several institutions, but opportunity knocked unexpectedly in 1993 when I was accepted into the PhD program in sociological studies at the University of Sheffield in England. My research was a participatory study of the factors that helped Black men survive in societies where they were expected to fail. My PhD years (1992-1996) became the best of times and the worst of times, all in one package.

It was the best of times because, first, I had incredible family and community support (also known as pressure to perform). I had the most amazing PhD supervisor, Dr. Lena Dominelli, an Italian-Canadian mentor who believed in me even when I did not believe in myself. Second, my PhD research made a positive impact on the lives of Black men, both in Canada and in England, and led to many policy and institutional changes in both countries. Professionally, my studies positioned me for a stellar career, which led to my promotion to full professor in 2006.

These years were also the worst of times because they were bracketed by huge losses in my life and unbelievable trauma.

While there were many positives, my PhD years were also the worst of times because they were bracketed by huge losses in my life and unbelievable trauma that remains difficult to talk about to this day. In year one of my program in England, my maternal grandmother died after a twenty-four-hour stay in hospital. This was a terrible loss; she was my second mother. In year two, my father-in-law died after two weeks in a coma, following a massive stroke. One month later, my eldest brother (who was like a father to us after Dad died) was diagnosed with cancer and nearly died after his first round of chemotherapy. The worry of this devastating family issue was almost immobilizing. It was difficult to be in England when I wanted to be back in Halifax helping my family cope.

If all of this was not enough, when my spouse, George Bernard, and I finally returned home after I had completed my doctoral program, we became victims of a fraud scheme. The fraud was a complex set of lies and impersonations that were used to commit a number of crimes, including identity theft, embezzlement, emotional abuse, threats, extortion and theft. After some extraordinary police work, including a sting operation, the police arrested the perpetrator, who confessed immediately and also requested to see me. It turned out she was a relative, a young woman whom I had mentored and who was a member of our church family. She requested to see me because I was a social worker and she thought I might drop the charges. Her mother also invited me to her house in the hopes that I might drop the charges. The story from both the perpetrator of the crime and her mother was the same: we should not let our Black youth go through the criminal justice system because the system does not, in fact, do them justice. As a social worker, I was expected to understand this and show compassion. The church family did not quite know how to deal with the situation and most people did not feel comfortable talking to me about it. As a victim of the fraud scheme who just happened to be a social worker, I was expected to understand, to forgive, to be lenient, to be more tolerant and more patient. As a leader in the Black community and an advocate for social justice, I was expected by others in the Black community to be compassionate and understanding.

As a leader in the Black community and an advocate for social justice, I was expected to be compassionate and understanding.

We did not drop the charges. Although the perpetrator had originally confessed, she retained a lawyer and entered a plea of not guilty on her first appearance. The case dragged through the criminal justice system for eighteen months, with many court appearances and delays, all meant to wear us down. Finally, we went to trial by judge only. On the first day of the trial, the perpetrator changed her plea once more, this time to guilty, and her lawyer asked for a non-custodial sentence because she expressed remorse. We spoke to the judge through our victim impact statements and told of the emotional and psychological trauma we experienced both during the crime and during the frequent trips to court. In the end, the perpetrator was given six months in the Halifax Correctional Centre. Our family was vindicated by the outcome of the criminal case. However, we were not vindicated by the community, those who thought: “She is a social worker, a Black woman, an advocate; she should not lay charges.”

That was one of the most difficult situations I have ever had to deal with in my life. At the time, I questioned my ability to continue in social work. I questioned my ability to judge character and to assess an unsafe situation. I became a social work educator because I wanted to influence how social work was practised from a critical perspective. When I became a victim of crime, and people expected me to drop the charges, I questioned my ability to teach and inspire others. In fact, I questioned my entire belief system.

However, this was also a time when my family became stronger and even more united. We depended on each other, believed in each other and supported each other. I knew if I gave in to my depression, fears and anxiety, it would be impossible to go on. I did not want to become that angry, bitter person who lived life without hope. In addition, my eldest brother who faced his own challenge with such amazing grace lost his battle and died in the midst of this journey, two months before my graduation. I needed to be a role model for my daughter who was also victimized by the fraud scheme. If I faltered, she might become re-victimized.

Most significant for me was that I found strength in my spirituality and, as I grieved the multiple losses, I found the courage to go on.

Most significant for me was that I found strength in my spirituality and, as I grieved the multiple losses, I found the courage to go on. I completed my PhD and attended graduation in England, surrounded by family and friends. I had some very supportive social work colleagues who helped me through. Today, I thank them for helping me find my passion for social work and social change. I thank them for helping me overcome this adversity with dignity, respect, integrity and tenacity. I now realize that, although I experienced trauma, I also experienced post-traumatic growth.

After over four decades as a social worker, twenty-seven years as an educator, ten years as director of the Dalhousie School of Social Work and now as a Senator, I still have a passion for social work and social change. I have had many mentors and role models who have helped me along the way. I stand on their shoulders and I am guided by a sense of “critical hope.” As a result, I continue to give back, to lift as I climb, as the writer bell hooks says. We were targets of a vicious crime, but we did not become bitter; we became stronger. And as a result, we have received so many more blessings, including the ability to pay it forward. It is my sincere critical hope that wherever I speak, someone will remember something I say and because of it their life, and the lives of those they touch, will be changed a little. My hope is that we all build more capacity to find the courage to give back, despite the adversities we face.